LE LEADERSHIP, C’EST BIEN PLUS QUE…

LE LEADER

Pourquoi tant de gens dans notre société essaient-ils de monter sur l’échelle sociale en ambitionnant d’atteindre le sommet ? Certaine le font parce qu’ils croient que ce n’est qu’ainsi qu’ils auront gagné et réussi leur vie. D’autres aspirent à diriger leur entreprise parce qu’ils pensent pouvoir mieux faire que le dirigeant actuel. Mais la vaste majorité des gens qui luttent pour monter vers les sommets de l’organisation à laquelle ils appartiennent visent le pouvoir et la liberté qu’ils associent à l’idée d’être en position d’autorité. Il est ironique de constater que les grands leaders, ceux qui sont parvenus au sommet et ont gagné le droit d’y rester, ont bien compris que leur position consistait en tout autre chose que d’exercer un pouvoir ou d’avoir du bon temps. En fait, le bon leadership est bien différent.


1. LE LEADERSHIP EST PLUS UNE QUESTION DE SACRIFICE QUE DE POUVOIR.

Nombreux sont ceux qui considèrent que le pouvoir attend celui qui atteint le sommet de l’échelle : pouvoir de choisir ses responsabilités, de prendre du temps libre, de toucher un excellent salaire, et j’en passe. Mais le leadership n’a pas grand chose à voir avec le plaisir en soi ; le sacrifice est au coeur même de la vie du leader.Nous sommes enclins à voir les sacrifices comme un mal nécessaire en début de carrière. Mais ceux qui réussissent
ont dû renoncer à bien des choses pour saisir des opportunités potentielles.
Le sacrifice, quant à lui, n’est pas réservé au seul début de carrière. Il est un élément constant du leadership ; nul ne peut progresser sans renoncer. La nature du sacrifice peut changer, mais le principe demeure. Au début de leur carrière de leader, certains renoncent à un meilleur salaire ou à certains avantages. En milieu de carrière, le sacrifice peut consister à travailler pour des leaders plus faibles. Plus tard, les sacrifices peuvent prendre d’autres formes.


2. LE LEADERSHIP APPORTE DAVANTAGE DE LIMITES ET NON DAVANTAGE D’OPTIONS.

Au fur et à mesure qu’un leader progresse dans son organisation, le nombre de choix et d’options disponibles diminue.
S’il fut un temps où il pouvait s’offrir le luxe de saisir toutes les possibilités qui se présentaient à lui, il se doit de devenir un spécialiste dont le chemin est plus étroit. Il renonce de plus en plus à des opportunités secondaires pour se concentrer sur la seule priorité essentielle. Son temps devient de plus en plus précieux. Par nécessité, sa vie devient de plus en plus stratégique. Il va donc renoncer à bien des options qu’il aurait pu saisir s’il n’avait pas été un leader.


3. LE LEADERSHIP SIGNIFIE DEVOIR RENDRE DAVANTAGE
DE COMPTES, ET NON PAS JOUIR DE DAVANTAGE DE LIBERTÉ.

Dès que quelqu’un assume une position de leader, il devient une référence pour tous ceux qui le suivent. S’il veut diriger à un niveau d’excellence, il devra renoncer à toute habitude ou pratique négative que ceux qui l’entourent risquent d’imiter. Après tout, les gens font ce qu’ils voient.

4. LE LEADERSHIP SIGNIFIE PRENDRE DAVANTAGE DE RISQUES,ET NON PAS BÉNÉFICIER DE DAVANTAGE DE RESPECT.

Au fur et à mesure qu’un leader se voit confié de plus grandes responsabilités, il ne doit pas seulement renoncer à telle ou telle option qui lui serait offerte. Il devra parfois faire face à une certaine opposition ou au ridicule à cause d’une vision quelque peu novatrice.Plus le leader a de grandes responsabilités, plus il devra être prêt au renoncement. Le premier domaine sera sans
doute celui de sa vie privée. Pensez à un homme comme Martin Luther King. Tandis qu’il suivait des cours de leadership et qu’il militait au sein du mouvement pour les droits civils, il fut arrêté et emprisonné à plusieurs reprises.Il fut même malmené physiquement, lapidé, poignardé, et sa maison fut incendiée. Il finit par donner tout ce qu’il avait, jusqu’à sa propre vie.


5. LE LEADERSHIP SIGNIFIE DAVANTAGE D’OPPOSITION ET NON DAVANTAGE DE SOUTIEN.

Une idée erronée assez répandue est celle qui consiste à croire que tout le monde aime et approuve les grands leaders.
Mais tel n’est pas souvent le cas. Peggy Nooran, écrivain et ancienne rédactrice des discours présidentiels, parle dans un de ses écrits d’un grand leader qui ne cherchait pas à diriger en gagnant l’approbation de tous. C’était dans un article du magazine Times du 15 septembre 1997 où l’auteur rapporte ce qu’elle observa lors du déjeuner national de prière en 1994 :« (Cette femme) parla de Dieu, de l’amour, des familles. Elle dit qu’il nous fallait tous nous aimer et prendre soin les uns des autres. Tout l’auditoire manifesta son approbation avec enthousiasme.Puis elle poursuivit en devenant plus spécifique. Elle parla des parents malheureux dans les maisons de retraite qui souffrent parce qu’on les a oubliés. Elle posa alors la question : Sommes-nous prêts à donner jusqu’à en souffrir pour
être avec nos familles, ou préférons-nous mettre nos intérêts en premier ? Les baby boomers dans la salle commencèrent à gesticuler sur leurs sièges. Puis elle continua : Je crois que le plus grand destructeur de la paix aujourd’hui est l’avortement. Elle leur expliqua pourquoi en des termes très clairs. Après un bref silence, tout le monde applaudit.Tout le monde, ou presque. Le président et son épouse, ainsi que le vice-président et son épouse étaient figés comme des statues dans un musée de cire. Mais cela n’arrêta pas notre oratrice. Et quand elle eut terminé son discours, il n’y avait quasiment personne qui n’ait été remis en question par ses propos. »Ce leader était Mère Thérésa. La plupart des gens la voyaient comme une servante délicate et très consacrée. Mais elle était aussi un leader de premier ordre. Et cette petite femme née dans une petite ville d’Albanie en 1910 a su avoir un impact formidable par sa vie.Ce que les gens qui réussissent trouvent vrai devient d’autant plus clair pour eux lorsqu’ils accèdent à des postes de responsabilité. Il n’y a pas de succès sans sacrifice. Plus un leader veut aller plus loin, plus les sacrifices qu’il devra faire seront grands. Être leader est bien plus qu’une question de titre et de zone de confort. Pour progresser, il faut savoir renoncer. Telle est la véritable nature du leadership.

John C. Maxwell, D. Min.,

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